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Sonate à Kreutzer

quatuors de Debussy, Fauré et Janáček

église de Beurrières


03 août | 21h
durée 1h15

Quatuor I Folletti

Christophe Mourault, violon
Juhyun Lee, violon
Kumiko Wada, alto
Simon Foltran, violoncelle

Les quatuors de Debussy, Fauré et Janáček nous conduisent au tournant du XXème siècle de l’impressionnisme à l’expressionnisme, de l’insouciance de La Belle Époque aux noirceurs de l’après première guerre mondiale.

Debussy en 1892 est au sommet de son art et Claude de France, comme ses amis aiment l’appeler, développe dans son unique quatuor toute la poésie qui éveille les sens. Le mode phrygien, mode ancien qui porte l’œuvre, l’ancre dans une Espagne rêvée sous le charme de la culture gitane. Manuel de Falla, compositeur andalous en dira : « le deuxième mouvement […] pourrait passer pour l’une des plus belles danses andalouses que l’on n’ait jamais écrite ».

Autre atmosphère pour Gabriel Fauré, après la guerre en 1924, le vieux compositeur sourd s’imagine déjà entouré  d’anges. Égal à lui-même, le chantre de l’impressionnisme nous promène d’une douceur infinie, d’une triste allégresse, dans un monde intérieur fait de poésie. Rien n’a changé depuis les mélodies de Verlaine ou Baudelaire, depuis le requiem si serein, depuis la sonate pour violon si chère à Proust, si ce n’est le désir de dire adieu, dans un ultime opus, empruntant le chemin de l’au-delà.

Enfin le tchèque Leoš Janáček, un an plus tôt quitte l’ancien monde pour ouvrir les portes de l’expressionisme et nous conte la nouvelle de Tolstoï « Sonate à Kreutzer ». La musique, comme un chemin de fer, voit ses lignes déformées : l’harmonie disparaît au profit du bruitage, tel l’illustration sonore d’un film muet. Oui, nous sommes bien au cinéma, dans un train à vapeur traversant une vallée boisée et découvrons un homme aux cheveux blanc qui nous confie sa propre tragédie.

Alors entre ces deux mondes contemporains si éloignés stylistiquement, il reste le quatuor à cordes qui vit les derniers feux de la musique ancienne : où les cordes en boyaux, où les archets anciens, arrondissent les sons, nimbent les attaques et donnent à écouter des œuvres d’une insaisissable finesse, ce que nous propose le jeune et talentueux Quatuor I Folletti.

4- I Folletti.jpg
Gabriel Fauré > 1845–1924
Quatuor à cordes en mi m. op.121 – 1923-1924

Allegro moderato | Andante| Finale : Allegro

***
Leoš Janáček > 1854–1928
Quatuor à cordes n°1 „Sonate à Kreutzer“ – 1923

Adagio. Con moto | Con moto

Con moto – vivo – andante | Con moto (adagio) – più mosso

***
Claude Debussy > 1862–1918
Quatuor à cordes en sol m. op.10 – 1892-1893

Animé et très décidé | Assez vif et bien rythmé

Andantino, doucement expressif | Très modéré

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